EXPOSITION
 

"Je suis moi-même le soleil"

Hakeem Adam, M'barka Amor, Valerie Asiimwe Amani,

Nú Barreto, Leonard Pongo

Du 2 avril au 14 mai 2022

« L’Europe n’est pas mon centre […] Pourquoi voulez-vous que je sois le tournesol qui tourne autour du soleil ? Je suis moi-même le soleil. » *

 

L’exposition collective "Je suis moi-même le soleil" regroupe le travail de cinq artistes plasticiens d’Afrique et de sa diaspora. 

 

Les œuvres de Léonard Pongo, Nú Barreto, M’barka Amor, Hakeem Adam et Valerie Asiimwe Amani interrogent les paroles du cinéaste sénégalais Ousmane Sembène. 

 

Quel est donc notre centre quand on est soi-même traversé par plusieurs espaces-temps et réalités? Comment repenser les géographies et superposer les cosmogonies pour créer une nouvelle réalité diasporique?

 

Quand Sembène se targue d’être le soleil, il (s’)affranchit en irradiant de ses mots toute une génération d’artistes venus des suds. Cette exposition collective soumet les regards qui se voudraient dominants à l’inexorable transformation de nos sociétés contemporaines et permet à chacun d’y redéfinir sa place et donc son centre. 

 

Liz Gomis, février 2022

* Interview de Ousmane Sembène, extrait du film Caméra d’Afrique, 1983 par Férid Boughedir

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BIOGRAPHIES

 

Hakeem Adam est né en 1995 au Ghana. Il vit et travaille à Brême (Allemagne).

 

Hakeem Adam est un artiste ghanéen, multimédia et écrivain. Il explore le pouvoir de la narration, transmis par le biais de divers moyens de création, notamment la poésie, l’écriture créative, la photographie, l’art vidéo et la conception sonore. Il est le fondateur et le directeur créatif de DANDANO - une plateforme culturelle panafricaine de critique et de documentation sur le cinéma et la musique africaine - et a contribué aux archives de la culture africaine pour Africa Is a Country, OkayAfrica et d’autres encore.

 

La pratique multidisciplinaire de Hakeem explore les comportements numériques et physiques avec des installations utilisant le son comme dispositif narratif prédominant. Il confronte ainsi ses idées et émotions touchant à l’identité, la politique et la liberté.

 

Hakeem participé à la résidence ColabNowNow du British Council, à Maputo en 2018. La même année il a obtenu le prix photo Portraits Ghana. En 2019, il est invité à la résidence d’artiste Cryptic International organisée en partenariat avec Cove Park en Écosse. Il a étudié la psychologie et l’anglais à l’université du Ghana et poursuit actuellement une maîtrise en médias numériques à la Hochschule für Künste de Brême. 

 

Son travail a été exposé au niveau international au Chale Wote Street Art Festival à Accra, au Ghana (2018) ; Many Studios à Glasgow, en Écosse (2018) ; Okay Space à New York, aux États-Unis (2018) ; SPACE10 à Copenhague, au Danemark (2019 ) ; Abandon Normal Device (2021) ; York Mediale (2021) et IDFA (2021).

 

M'barka Amor est née en 1972 en France. Elle vit et travaille à Lyon (France)

 

Formée à l’École des Beaux-Arts de Lyon ainsi que dans les milieux artistiques alternatifs et le spectacle vivant, l’artiste plasticienne se prête volontiers au jeu de la performance, pratique qu’elle a gardée de ses années de comédienne dans la troupe d’Ariane Mnouchkine.

 

Performeuse, vidéaste et plasticienne, M’barka Amor met son corps au centre de sa réflexion artistique. Elle n’a de cesse de questionner la société contemporaine, les a priori, les traditions et le formatage de la pensée. L’artiste s’intéresse à ses racines tunisiennes et n’hésite pas à mettre en scène sa famille, notamment dans son travail vidéo.

 

M’barka Amor dessine. Elle noircit des carnets de formes surgies de son imaginaire et des images de magazine qu’elle collectionne. Cadavres exquis qui se mêlent et se superposent sans narration imposée. Les compositions de M’barka questionnent la notion d’espace et offrent une réflexion toute en douceur sur notre époque.

 

Dans la série Now I’m White, l’artiste interroge la place du corps noir en s’inspirant de la pratique du « blackface » et des minstrel shows, les spectacles racistes du XIXème siècle. Les images qu’elle en tire nous emportent vers un autre imaginaire, une autre histoire.

 

Le travail de M’barka Amor a été montré en galeries et en foires : Messe pour le temps présent à la galerie 31 PROJECT (Paris), Souplesse, éclat, volume à la galerie Regard sud (Lyon) ou sur des foires comme Galeristes et Art-O-Rama. En 2021, elle est invitée par la Fondation H à Paris pour une exposition rétrospective de son travail. En 2022, elle fait partie de l’exposition Silsila, le voyage des regards organisée par l’Institut des Cultures de l’Islam. 

Valerie Asiimwe Amani est née en 1991 en Tanzanie. Elle vit et travaille à Londres (Royaume-Uni)

 

Valerie Asiimwe Amani est une artiste plasticienne et écrivaine dont les explorations multidisciplinaires à travers la vidéo, le texte, le textile et l’installation, interrogent  les perceptions et interprétations du corps, de son érotisme et du langage en lien avec les espaces où il se déploie. 

 

Valerie Asiimwe Amani est diplômée en économie et en mode et a obtenu son MFA à la Ruskin School of Art de l’Université d’Oxford. Elle est lauréate du prix Vivien Leigh 2021 et ses œuvres ont intégré les collections du l’Ashmolean Museum à Oxford. Elle a été sélectionnée pour le prix Henrike Grohs 2022 et a été également sélectionnée pour le prix Dentons Art 2022. 

 

Amani a fait entre autres partie de l’exposition The Main Complaint, au Zeitz Museum of Contemporary African Art de Cape Town, de Terrains of Possibility à la Rele Gallery à Lagos et de Boda Boda Lounge au City SALTS de Bâle. Elle intervient régulièrement dans de nombreuses conférences sur l’art et l’activisme, notamment à la SOAS, à l’Université de Londres et à la Royal African Society. 

Nú Barreto est né en 1966 en Guinée-Bissau, vit et travaille à Paris (France).

 

Diplômé de l’École Nationale des Métiers de l’Image des Gobelins (Paris), Nú Barreto s’est forgé un langage propre et a développé une pratique pluridisciplinaire et politique. 

 

Son travail a reçu une reconnaissance internationale et Nú Barreto s’est imposé comme l’un des artistes les plus en vue de l’art contemporain africain. Comme en témoignent les nombreuses expositions individuelles et collectives consacrées à son travail, parmi lesquelles : AFRO, Rencontres avec l’art de l’Afrique contemporaine au Centre culturel de l’Escale à Levallois-Perret (France) en 2019 ; 0. 10 RELOADED Avant-Garde à la galerie Sabine Knust en 2018, à Munich (Allemagne) où il expose aux côtés de William Kentridge, El Anatsui et Isaac Julien ; la grande exposition intitulée Lumières d’Afrique, qui, entre 2015 et 2018, a voyagé entre l’Europe et l’Afrique. Il participe en 2006 à la Biennale de Dakar et en 2013 à la Biennale de Sao Paulo.

 

En 2015, l’artiste a bénéficié de sa première exposition personnelle en Chine intitulée Ressonância au Taipa House Museum de Macao (Chine), et a participé à Rastros au Musée Capixaba do Negro (MUCANE) à Vitória (Brésil). 

 

Les œuvres de Nú Barreto figurent dans d’importantes collections publiques telles que le Musée Capixaba do Negro (MUCANE) à Vitória, au Brésil ; la Fondation Pro- Justitiae à Porto, et la Fondation Arpád Szenes et Viera da Silva (PLMJ), à Lisbonne, au Portugal ; l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à Ouagadougou, au Burkina-Faso ; ainsi que le Taipa House Museum de Macao, en Chine. Nú Barreto est représentée par la Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles, depuis 2018. 

 

L’installation et le dessin sont les médiums de prédilection de Nú Barreto et servent le récit de son expérience personnelle de l’Afrique contemporaine. Amer et féroce, Nú Barreto dépeint la violence historique, sociale et politique qui a marqué le continent africain ainsi que la précarité de l’existence. Il utilise une sémantique graphique et colorimétrique récurrente qu’il choisit pour leur pouvoir plastique et symbolique.

 

 

Leonard Pongo est né en 1988 en Belgique. Il vit et travaille entre Anvers (Belgique) et Kinshasa (RDC).

 

Artiste visuel, Leonard Pongo est photographe. Il considère la photographie comme un outil de réappropriation de sa culture congolaise et documente avec un projet comme Uncanny la vie quotidienne des grandes métropoles du Congo. Ce projet lui a valu plusieurs prix internationaux. 

Il s’attache désormais à explorer la diversité des paysages de la RDC et propose une imagerie allégorique du pays, imprégnée d’un sentiment de beauté magique et de pouvoir mystique.

 

Le travail de Leonard Pongo a été publié dans le monde entier et présenté dans de nombreuses expositions, notamment à IncarNations au Bozar Center for Fine Arts (2019), organisée par Kendell Geers et Sindika Dokolo, et la 3ème Biennale de photographie de Pékin au CAFA Art Museum. Il a été choisi comme l’un des 30 photographes nouveaux et émergents à suivre de PDN en 2016, est lauréat de la bourse Visura 2017, de la bourse Getty Reportage 2018 et a participé à la Joop Swart Masterclass 2018.

 

Primordial Earth, son dernier projet, a été présenté à la Biennale de Lubumbashi et aux Rencontres de Bamako où il a été récompensé par le «Prix de l’OIF». En 2021, il bénéficie d’une exposition personnelle à Bozar Bruxelles.

 

 

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